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Vive l’automne !

Le 25 septembre 2014, 13:03 dans Livres 0

J’adore l’automne. J’ai toujours aimé cette saison (remarque, vous pouviez un peu vous en douter : on ne choisit pas le nom Momiji pour son blog pour rien). Enfant déjà, l’approche de l’automne signifiait le retour sur les bancs de l’école et je faisais partie de la catégorie de celles et ceux qui se réjouissaient à la perspective de la rentrée. Mais c’était aussi le retour des couleurs chatoyantes dans les arbres, des balades dans les forêts et des cueillettes de châtaignes, des moments cocons en famille où je passais le week-end au chaud avec un thé, un plaid et mes livres chéris – ce que j’appréciais d’autant plus quand la pluie tombait fort – où je cuisinais des gâteaux avec Maman et où avec ma soeur nous passions des heures à dessiner, jouer aux jeux de sociétés, peindre les couleurs des arbres sur lesquels nous avions une belle vue. Bref, cette saison éveille en moi un doux sentiment de bonheur, ravive de beaux souvenirs et ranime des habitudes, des comportements et des rituels chaque année (où culinairement parlant, le Chaï tea, la cannelle, les châtaignes et le potiron ont leur place sur le podium).

De manière générale, toutes les saisons me réjouissent car chacune apporte son lot de couleurs, d’émotions, de temporalités, de goûts, d’odeurs et de loisirs différents. Et quand j’entends des personnes se plaindre de cette période de l’année, automne et encore plus hiver (gnia gnia gnia, les jours raccourcissent, gnia gnia gnia, il fait froid, etc., etc.) au lieu d’en voir les bienfaits et les joies, j’ai envie de leur donner une autre perspective ! Bien sûr que la chaleur de l’été, l’éveil printanier de la Nature au printemps sont formidables, mais au lieu de voir la moitié de l’année de manière négative, réjouissons-nous de ce que ces saisons ont à apporter. Le premier numéro d’Happinez m’a par ailleurs énormément plu pour cela aussi, en consacrant une partie du magazine aux vertus de l’hiver. Fort heureusement, peut-être aussi de par la sélection que je fais de par mes goûts, je vois beaucoup d’articles, d’idées, d’événements qui célèbrent mon automne bien aimé.

Au Japon, je me suis réjouie de voir à quel point cette saison est l’objet de décorations, de cérémonies, de célébrations et d’observation bienveillante des changements de la Nature. Cela m’a fait un bien fou. Alors, oui, vive l’automne, merci à la Nature de nos latitudes qui en faisant varier les saisons stimulent nos sens (même si avec le réchauffement climatique et la perturbation des saisons, je comprends que ce que je viens d’écrire puisse vous faire sourire).

Et pour colorer l’une de ces premières journées d’automne, je vous fais découvrir un échantillon de photos de ces couleurs chatoyantes commençant à habiter les arbres du Japon lors de notre séjour en Octobre dernier :

 

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Contes zen, Henri Brunel, Librio

Le 24 septembre 2014, 14:15 dans Livres 0

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La pensée Zen a accompagné depuis des temps lointains de nombreux êtres vers la sagesse, vers une vision plus apaisée du monde. Ce que l’on connaît moins, c’est l’humour et la malice qui composent cette philosophie et par lesquels son enseignement passe. Henri Brunel a réécrit des contes faisant partie du patrimoine de cette pensée et au-delà, de ce mode de vie, pour nous les rendre compréhensibles. Des récits courts qui se lisent en un rien de temps mais qui paradoxalement résonnent longtemps en nous après avoir refermé l’ouvrage…

La lecture est une passion, une source d’énergie et d’épanouissement pour moi. Elle est également une pause, une entrée dans une temporalité différente à chaque fois. Celle des Contes zen d’Henri Brunel a été tout à la fois aussi vivifiante qu’un vent frais de montagne que réconfortante comme une tasse de Chaï tea venant réchauffer l’esprit et le corps. Pouvant se lire en un bloc comme se déguster comme une boîte de chocolats, un à la fois (pour les plus raisonnables), chacun d’eux a une tonalité différente, une saveur unique. Et pourtant, tous laissent sur une même envie : savourer la vie et apprécier chaque instant, à l’endroit où l’on se trouve. Même les histoires les plus tristes réussissent à transmettre une note positive, ce qui insuffle beaucoup d’apaisement et nous laisse sur une touche pleine de douceur, et surtout, avec le sourire. Animaux, moines, empereurs, courtisanes, paysans : des êtres variés deviennent les acteurs des enseignements du Zen, chacun apportant un angle différent.

Je vous disais que l’auteur les a réécrits et il l’a bien fait : il n’est pas forcément aisé de transmettre une pensée dont certains des fondements puisent leurs racines dans des cultures très éloignées de nos conceptions occidentales. Non seulement les récits sont agréables à la lecture, mais Henri Brunel n’hésite jamais à venir ajouter un petit complément pour venir souligner un point essentiel du conte, élargir la réflexion, voire nous laisser sur une nouvelle lancée pour à notre tour prolonger l’enseignement. Par ailleurs, des notes récapitulatives en fin de récit viendront éclairer les lanternes de celles et ceux qui ne sont pas du tout initiés aux cultures du Zen et plus largement à l’Asie. Mais sans tomber dans l’énumération décourageante.

Un petit ouvrage qui se parcourt vite et qui fait du bien. Il ne fera pas de vous un disciple accompli mais vous mettra peut-être sur la voie ! A mettre dans votre PAL pour un moment de détente et de retrouvailles avec vous-même.

La Reine des rêves, Chitra Banerjee Divakaruni, éditions Philippe Picquier

Le 18 septembre 2014, 18:05 dans Livres 0

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Rakhi, jeune mère divorcée vivant à Berkeley, partage sa vie entre ses toiles et son salon de thé qu’elle gère avec son amie Bella. Mais celle qui occupe une grande part de ses pensées et qui l’a toujours fascinée, c’est sa mère, interprète de rêves. Son don, qui lui a permis d’aider tant de gens, elle ne l’a jamais eue et elle est persuadée que cela a contribué à creuser davantage le fossé du mystère auréolant cette femme qu’elle admire mais dont elle ne connaît finalement que peu de choses. Jusqu’à ce qu’elle trouve son journal intime après sa mort. A la croisée de hasards, de rencontres, de changements brusques qui se multiplient, Rakhi va devoir affronter son passé, ses peurs, ses doutes et entamer une quête d’identité où ses conceptions vont être bouleversées.

Chitra Banerjee Divakaruni distille dans chacune de ses œuvres une écriture magique où elle fait marier le rêve, le réel, l’imaginaire, le fantastique dans une prose harmonieuse. Plonger dans ses livres, c’est entrer dans un monde où les barrières de la rationalité s’envolent pour laisser la place à d’autres possibles, moins terre à terre et plus énergisants. J’avais déjà énormément apprécié cette sensation dans La Maîtresse des épices, et je l’ai retrouvé ici avec plaisir.

Dans ce récit, une polyphonie de voix colorées et empreintes chacune d’une personnalité complexe s’enchaîne, s’entremêle et se croise. Mère et fille font résonner l’écho de leurs cœurs pour nous emmener à la découverte de leurs cheminements, de leurs vies et des choix qui les ont guidés tout au long de leur existence. Cette échange de voix rapide et parfois étourdissant fait progresser l’histoire et nous donne envie de poursuivre la lecture sans nous interrompre. L’une des beautés de ce récit est l’importance accordée au rythme : rythme du quotidien, rythme de la nostalgie, de la plongée dans le passé, rythme du pinceau mais aussi de la musique, muse de Sonny, l’ex-mari de Rakhi. Au fil de la lecture, notre esprit vogue dans des temporalités, des espaces et des battements de cœurs multiples. Cela donne beaucoup de saveur au récit.
Et en parlant de saveur, elle est au centre de tout : du salon de thé aux cuisines indiennes qui viennent chatouiller nos narines, dilater nos pupilles de ravissement et éveiller nos papilles, on embarque dans des parcours gustatifs qui sont d’autant plus relevés par les contextes dans lesquels ils se déploient. Situés au début des années 2000 pour le temps présent, l’auteure situe ces personnages dans l’actualité de l’époque et les fait s’inscrire dans les événements de manière subtile mais forte.

On se promène entre le passé et le présent, l’Inde et les Etats-Unis, tiraillé de toutes parts par les regrets, les espoirs, les envies, la joie, l’amour, avec tout au bout, l’envie de profiter pleinement de l’instant, sereinement et en appréciant ce que nous entoure. Rakhi est un personnage écorché mais pleine d’amour, on s’attache beaucoup à elle et en dépit des émotions paradoxales qu’elles traversent en quelques minutes parfois, elle arrive à canaliser notre concentration. La galerie de portraits qui composent son paysage quotidien contribue à donner encore plus de force au récit, à le vivifier et le colorer. Bella, la meilleure amie, Sonny, l’ex-mari aussi insupportable qu’attendrissant, son père, qui la touche et l’irrite au plus haut point, Jona, la petite fille spontanée et malicieuse, la méchante dirigeante du café Java, qui va l’obliger à transformer sa boutique si elle espère survivre. Tous viennent faire rebondir le récit à point. Mais c’est surtout à partir du moment où Rakhi va entamer la lecture du journal intime, avec l’aide de son père, que l’histoire s’accélère et se densifie, que les éléments se recomposent et que la peinture prend vraiment forme.

Il n’y a que la fin qui m’a un peu laissée perplexe, sûrement car je n’ai pas eu toutes les réponses à mes questions (quelle curieuse je fais !) et que beaucoup de points restent en suspens. Mais c’est aussi en ça que La Reine des rêves est un vrai moment de vie, où l’on ne contrôle pas tout, où l’inconnu fait aussi partie du quotidien et tant mieux.

Un livre que je vous recommande chaudement, tant pour l’histoire que pour les émotions qu’il nous fait vivre.

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